Steve Utterwulghe Représentant Résident du PNUD en Tunisie et Tony Verheijen, Représentant Résident de la Banque Mondiale en Tunisie à Tozeur en ouverture de la 5ème édition de l'EPD

Tozeur - le 24 septembre 2020.  Le développement des énergies renouvelables et la réduction du déficit énergétique ont  fait l’objet de la cinquième session de l'Economic Policy Dialogue organisée par la Banque Mondiale (BM) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Cette rencontre, rehaussée par la présence de Aymen Bejaoui Gouverneur de Tozeur, de Steve Utterwulghe Représentant Résident du PNUD en Tunisie et de Tony Verheijen, Représentant Résident de la Banque Mondiale en Tunisie s’est tenue à Tozeur le jeudi 24 septembre 2020. D’éminents professionnels, experts et acteurs locaux, publics et privés, étaient présents ou ont assisté par visioconférence.

 

Il est alarmant que le gaz naturel, qui est majoritairement importé, représente aujourd’hui 97% du mix électrique national. Pire encore, il est attendu que le déficit énergétique augmente les prochaines années. Pour y remédier, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique sont les deux fers de lance de la transition énergétique.  Comment arriver alors à réaliser un objectif de 30% d’énergies renouvelables dans la production électrique d’ici 2030 ?

 

En dépit de plusieurs réalisations telles que la mise en place d’un cadre règlementaire pour la production de l’électricité renouvelable à travers la loi de 2015 et ses textes d’application et son renforcement par la loi transversale d’amélioration du climat des affaires de 2019, la promulgation du décret d’application du fonds de transition énergétique, la mise en place d’un plan d’accélération des énergies renouvelables ; plusieurs barrières entravent encore l’atteinte des objectifs préconisés. Il s’agit en l’occurrence d’obstacles financiers, réglementaires, liés à la bancabilité du contrat d’achat de l’électricité (PPA), au réseau de transport et à la gouvernance. Plusieurs recommandations ont été établies à l’issue de la rencontre pour accélérer le développement des énergies renouvelables.

 

Il est important d’instaurer un dialogue social qui permette de faire adhérer les parties prenantes et favoriser des synergies. À titre d’illustration, il est important d’associer les parties prenantes pour établir la véracité des prix du transport d’électricité pour stabiliser les coûts de revient de l’énergie dans le cadre de l’autoconsommation et développer la filière. L’appui de l’État a été sollicité pour faciliter les investissements dans les régimes des autorisations et de concessions.

En effet, pour le régime des concessions qui est un processus avancé en Tunisie, il semble urgent de finaliser les négociations des contrats de concession et d’achat de l’énergie produite avec les investisseurs privés, de les faire approuver par le gouvernement et le parlement, et ce avant la fin de l’année.  Cet accomplissement donnerait un signal positif à tous les investisseurs étrangers dans tous les domaines dans le contexte actuel difficile pour l’économie nationale.

S’agissant du régime des autorisations, et compte tenu de la faible bancabilité du contrat d’achat d’électricité, il est important d’accorder une lettre de confort qui démontre le soutien du gouvernement Tunisien à ces contrats afin de faciliter leur aboutissement et activer l’investissement. Quant au régime de l’autoproduction, la concrétisation des projets déjà autorisés passe par l’accélération de la finalisation des textes d’application relatifs à la loi transversale de 2019, notamment le tarif de transport d’électricité pour la moyenne tension.

 

Il a été également préconisé d’établir certains ajustements réglementaires de façon à assurer une cohérence entre les différents textes et aussi d’accélérer la création d’une autorité de régulation indépendante, notamment chargée de réglementer les prix et les tarifs conformément à la loi, d’assurer la gestion de l’accès au réseau pour les énergies renouvelables, le règlement des litiges et l’arbitrage, ainsi que la gestion de tout le processus des appels d’offres pour les projets IPP conventionnels et renouvelables sous ses trois régimes : concession, autorisation et autoproduction.

Les spécialistes ont appelé à créer un comité technique chargé du problème foncier qui aura pour mission de soumettre au conseil des ministres des propositions de solutions au problème de la propriété foncière par les investisseurs privés, inhérent aussi bien au photovoltaïque qu’à l’éolien.

 

Il est crucial pour l’accélération des énergies renouvelables, de développer des mécanismes de financements adéquats que ce soit à travers un club de banques stratégiquement intéressées par le secteur, ou par le développement d’un fonds d’investissement dédié. Établir des plans de formations certifiantes, à l’instar de ce qu’a accompli l’ISET Tozeur pour accompagner le projet Plan Solaire, est aussi primordial. Ils permettront de faire monter en compétence et d’améliorer l’employabilité des diplômés.

 

 

 

 

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