• 3.6%

    Croissance du PIB

  • 15.5%

    Taux de pauvreté

  • 13%

    Chômage, total

  • 74

    Espérance de vie à la naissance, total

  • 0.96%

    Croissance de la population

  • 10.78

    Population

A propos de la Tunisie

Introduction


©Lilia El Golli / PNUD Tunisie

 

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune marchand de fruits et légumes ambulant, s'immole par le feu à Sidi Bouzid, ville du centre de la Tunisie, pour protester contre la confiscation de sa marchandise et l’absence de recours. L’ambiance est déjà très tendue quand le 22 du même mois, un autre jeune se donne la mort par électrocution. Il ne voulait "plus de misère, plus de chômage". Un vaste mouvement de protestation prend alors forme malgré la répression et l’utilisation de balles réelles. Le régime réagira initialement par une répression féroce et des accusations de « terrorisme manipulé par l’étranger ». La détermination des contestataires, rejoints par la centrale syndicale UGTT et par les grands centres urbains, les avocats, les journalistes et les artistes, ébranle le pouvoir et le pousse à des concessions successives, dans la précipitation: levée de la censure sur internet, liberté de la presse, limogeage de ministres, dont le titulaire du puissant département de l’intérieur, engagement à ne plus briguer de prochain mandat et, pour finir, limogeage de tout le gouvernement et annonce d’élections législatives anticipées. Cela ne suffit plus à calmer la rue qui demande directement le départ du Président. Le 14 Janvier, l’état d’urgence est décrété. Ben Ali quitte le pays dans une certaine confusion et se réfugie en Arabie Saoudite. Des accrochages armés ont lieu pendant près de trois jours autour du Palais de Carthage entre des forces restées loyales au président déchu et l’armée. Les troubles ont fait au  moins 219 morts (dont 72 décès dans les prisons) et 510 blessés.La vacance du pouvoir est annoncée et le Président de la Chambre basse du Parlement est investi de la fonction présidentielle par intérim.

Histoire


 

L’histoire de la Tunisie, riche et mouvementée, est marquée par un brassage de cultures et de civilisations, notamment berbère, punique, romaine, arabe, turque, française et italienne qui s’y sont succédées et parfois affrontées.

La Tunisie fait partie de l’espace maghrébin qui représente un enjeu important dès le XIXe siècle dans les politiques coloniales européennes ; elle subit la domination française pendant 75 ans.

 

1956 (20 mars) : La Tunisie obtient son indépendance par l’abrogation du traité de Bardo (1881) instaurant le protectorat de la France sur la Tunisie.
Adoption du Code du statut personnel, améliorant le statut des femmes.
La Tunisie devient membre de l’Organisation des Nations unies.

 

1957 : Droit de vote des femmes et Droit de se porter candidates aux élections.
Abolition de la monarchie et proclamation de la République par l’Assemblée constituante. Election du président de la République Habib Bourguiba.

 

1959  : Adoption de la première constitution qui instaure un régime présidentiel.

 

1975  : Après un amendement à la constitution, Habib Bourguiba se fait proclamer président à vie par l’Assemblée nationale.

 

décembre 1983/janvier 1984  : Emeutes du pain dans le sud du pays puis à Tunis.

 

1987  : Le Président Bourguiba est destitué pour raison de santé par le Premier ministre, Zine El-Abidine Ben Ali, qui lui succède.

 

2005 (16-18 novembre) : La Tunisie accueille la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information organisé par l’Organisation des Nations Unies. Création du « Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés » regroupant des opposants de diverses tendances.

 

2008 (janvier-juillet) : La population du bassin minier de Gafsa au Sud-Ouest de la Tunisie mène pacifiquement une importante révolte et réclame l’ouverture de négociations pour l’avenir de la région. Le gouvernement tunisien répond par une violente répression.

 

2009  : Election présidentielle : Zine El-Abidine Ben Ali est réélu pour un 5ème mandat.

 

2010/2011

 

2010  : 17 décembre 2010 – 14 janvier 2011 : la révolution du peuple tunisien
17 décembre : à Sidi Bouzid, Mohamed Bouazizi, s’immole par le feu.
La population de Sidi Bouzid se rassemble aussitôt pour dénoncer le manque de travail et la vie chère. La révolte s’étend ensuite à tout le pays. Commence alors un cycle de manifestations et de violentes répressions par les forces du gouvernement de Ben Ali qui dure jusqu’au 14 janvier. Nombreuses victimes parmi le peuple tunisien.

 

2011  : 14 janvier 2011 : Le président Ben Ali est chassé du pouvoir et s’enfuit en Arabie saoudite.
14 janvier – 23 octobre 2011 : Vers l’élection de l’Assemblée constituante

Constitution d’un gouvernement provisoire présidé par le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, comme le prévoit la constitution.

Janvier/Février : à la suite de nombreuses manifestations, les membres de l’ancien régime nommés dans le gouvernement de transition et Ghannouchi démissionnent. Fin février un nouveau gouvernement est nommé, sous la direction de Béji Caïd Essebsi, il reste en place jusqu’à la formation du gouvernement issu des élections, en décembre 2011.

Mars : création à Tunis, par diverses organisations de gauche, de la Haute Instance pour la Sauvegarde de la Révolution, de la Réforme politique et de la Transition Démocratique chargée notamment d’organiser les élections pour l’Assemblée constituante.

Juin : condamnation par contumace de l’Ex-président Ben Ali et de son épouse à 35 ans de prison pour détournement de fonds.

23 octobre 2011 : Elections de l’Assemblée constituante - victoire du parti islamiste Ennahda avec 37% des suffrages exprimés.

11 décembre : Moncef Marzouki (CPR, Congrès Pour la République), est élu président de la République par l’Assemblée constituante ; Hamadi Jebali (Ennahda) est nommé Premier ministre.

 

2012 - 14 janvier
La Tunisie fête le 1er anniversaire de sa révolution.

 

Défis


1. La réalisation d’une transition démocratique pacifique et inclusive

 

a) Assurer la sécurité

Comme dans toute les transitions, l’insécurité et la violence peuvent rester un problème latent dans certains centre urbains et à l’intérieur du pays ;les demandes pressantes d’ordre économique et social qui ont aussi alimenté la révolution ont gagné en importance dans le débat public et ont déclenché une avalanche de revendications dans tous les secteurs de la société. Il faut y ajouter une augmentation de la délinquance.

b) L'organisation d'élections libres et équitables

L'organisation d'élections libres et équitables  pour les prochaines échéances électorales, (assemblée constituante, parlement, présidentielles, locales…) reste un énorme défi. L’élection de l’Assemblée constituante sera la première vraie compétition électorale ouverte en Tunisie depuis l'indépendance. Le nouveau cadre électoral et la nouvelle administration électorale ont été mis en place en Mai 2011. La grande diversité des positions politiques et le grand nombre de partis politiques (plus de 80 partis pour l’instant), rendent le dialogue politique de plus en plus difficile. Si elles ont prévalu jusque là, les traditions de tolérance et de consensus de la société tunisienne risquent d’être mises à mal à l’approche des échéances électorales, surtout en l’absence d’une plateforme de dialogue organisée .

c) La mise en œuvre des conventions internationales relatives aux droits de l'homme doit être consolidée

d) Participation des femmes et des jeunes  au processus politique et la réécriture du contrat social du pays

 

2. Atténuer les effets de la crise économique et sociale, lutter contre le chômage et initier la réflexion sur un modèle de développement économique et social plus inclusif et plus équitable.

 

a) La relance économique : condition nécessaire de la réussite du processus démocratique

La plupart des observateurs s'attendent à une augmentation sensible du chômage en 2011 en raison d’un taux de croissance très faible (autour de 1%) voire négatif ; alors que selon la Banque Centrale de Tunisie, le pays aurait besoin d'un taux de croissance de l'ordre de 7% à moyen terme pour assurer une réelle relance de l'économie nationale.

b) Des politiques sociales plus équitables : une garantie pour le maintien de la cohésion sociale, de la paix et de la sécurité

En lien avec les difficultés économiques et le chômage accrus durant cette période de transition, un nombre croissant de catégories  vulnérables est susceptible de tomber dans la pauvreté réduisant l’accès aux services sociaux de base (éducation, santé) et aggravant le potentiel de comportements à risque, notamment pour les plus jeunes.  Le renforcement des filets de sécurité sociale et la protection sociale des plus vulnérables est donc une condition importante pour le maintien de la paix et de la cohésion sociale, ainsi que d’une transition démocratique réussie.

 

3. La réponse aux urgences et la prévention des catastrophes

 

a) la réponse à la crise humanitaire provoquée par le conflit libyen

La crise en Libye pose des défis supplémentaires à la stabilité et au développement en Tunisie. Le retour de  plus de 35 000 d’entre eux augmente substantiellement le nombre de chômeurs. La fermeture de la frontière affecte également les moyens de subsistance des familles riveraines qui dépendaient du commerce transfrontalier avec la Libye. L’impact multidimensionnel sur la Tunisie de la guerre en Libye, la  fragilisation de la sécurité intérieure après le 14 Janvier, compliquent une situation économique déjà altérée par la conjoncture internationale. Aucune relance ne peut être conçue sans une amélioration de la situation sécuritaire interne.

b) La capacité de préparation et de gestion des catastrophes naturelles

Les événements actuels sur la frontière avec la Libye et ceux des dernières années (épidémies de grippe aviaire ou H1N1, criquet pèlerins, inondation 2003,…) ont révélé un défi nouveau pour les divers intervenants d’avoir une capacité de préparation, de gestion et de relèvement des catastrophes. Les catastrophes d’origine naturelle (sécheresse, inondations, tremblement de terre, épidémies,…) dont la fréquence et la gravité seront accentuées par les effets attendus du changement climatique et l’ouverture de l’économie tunisienne (tourisme, commerce extérieur,…) risquent d’avoir des effets néfastes.

 

4. Les défis écologiques et environnementaux

 

a) Les défis structurels liés à la limitation et la vulnérabilité des ressources

Les défis environnementaux et écologiques en Tunisie sont aujourd’hui d’ordre structurel. L’épuisement et la détérioration des ressources (eau, sols, énergies fossiles,..) et la pression exercée par les activités productives sur les ressources, les écosystèmes et l’environnement risquent de devenir des goulots d’étranglement et des obstacles au développement économique et social et de compromettre l’avenir des générations futures.

b) Les défis liés à la gouvernance locale et décentralisée de l’environnement

La situation économique sociale (pauvreté, précarité, inégalité,..) et politique (contestation des pouvoirs publics, perte de l’autorité de l’Etat,..) révélée au grand jour après révolution s’est manifestée par des événements et pratiques néfastes à l’environnement : dévastation des clôtures des parcs et réserves naturelles (la chasses des animaux et la destruction des forêts), agression et pollution de l’environnement par des déchets solides,….

Succès

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La Tunisie a achevé avec succès la première phase de sa transition politique vers une démocratie multipartite : Les élections de l’Assemblée nationale constituante initialement prévues le 24 juillet 2011 ont été reportées au 23 octobre 2011 en raison de difficultés techniques pour la tenue d’élections régulières. L’élection du 23 octobre 2011 a été la première vraie compétition électorale ouverte en Tunisie depuis l'indépendance. 90 % des 4,1 millions d'électeurs inscrits ont participé à ces élections qui ont été déclarées libres et équitables par les observateurs internationaux.

 

Avec une population ne dépassant pas 10,5 millions d'habitants, la Tunisie a un petit marché intérieur avec des perspectives de croissance économique durable limitées. C’est pourquoi, depuis 1970, le pays a opté pour les exportations et des gains de parts de marchés externes pour orienter les politiques de développement. L'économie tunisienne reste très liée à l'UE avec une proportion de 80% de ses exportations et 70% de ses importations. Avant l’éclatement du conflit interne, la Libye était le deuxième partenaire économique majeur de la Tunisie. L’économie tunisienne a montré une capacité de résilience aux différentes crises économiques qu’a connues le monde ces dernières années . En effet,  un prompt redressement a été réalisé après la crise économique de 2009 avec une reprise de la croissance du PIB de 3.7% en 2010 contre 3.1% en 2009.

La Tunisie a également réalisé des progrès considérables vers les Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD) et elle a été  parmi les  10 pays les plus performants en termes d’IDH non monétaire et de PIB entre 1970  et 2010 , la hissant dans la catégorie des pays à développement humain élevé. Avec un IDH de 0.683, elle est classée au 81ème rang mondial (sur 169 pays), et au 4ème rang parmi les pays arabes. Toutefois, l’IDH de la Tunisie ajusté aux inégalités descend à 0.511 (perte de 25 % et de 6 places dans le classement).

Sur le plan des droits humains, la Tunisie a signé un nombre important de conventions internationales sur les droits de l'homme. Le GI a levé les réserves sur certaines conventions et en a ratifié d’autres. Les réserves émises sur la CEDAW n’ont toujours pas été levées. Des progrès ont été enregistrés dans le rétablissement de l’Etat de droit selon le ministère de l'Intérieur. Cependant, des cas de violence politique, les arrestations arbitraires et de torture en garde à vue se sont poursuivis même après le 14 janvier 2011 selon la Ligue tunisienne des droits de l’homme. L’accès, devenu plus facile, aux investigations du haut commissariat aux droits de l’homme, l’engagement à réformer le secteur de la sécurité et à mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle constituent des pas dans la direction d’une plus grande observance des droits humains.

Drapeau du pays
Carte du pays
Données
Capitale
Tunis
Superficie (kilomètres carrés)
163610
Population, total
10777500
Espérance de vie à la naissance, total (années)
74.75365854
Monnaie
Dinar tunisien (TND​)
PIB
$45.66 milliard(s)
Croissance du PIB
3.6%
PIB nominal
44,7 milliards USD
PIB (PPA) par hab.
9 700 USD
Inflation
5.5%
Ratio de jeunes filles/garçons alphabétisés (% des 15 à 24 ans)
97.6074934
Ratio filles/garçons des inscriptions au primaire (%)
96.412
Taux de mortalité infantile, moins de 5 ans (pour 1 000)
16.1
Prévalence du VIH, total (% de la population âgée de 15 à 49 ans)
0.1
Ratio de la population pauvre disposant de moins de $ 2 par jour (PPA) (% de la population)
4.25
Ratio de la population pauvre disposant de moins de $ 1,25 par jour (PPA) (% de la population)
1.06
Écart de pauvreté au seuilRatio de la population pauvre en fonction du seuil de pauvreté national (% de la population)
15.5
Ratio emploi-population, personnes âgées de 15 ans et plus, femmes (%)
21.20000076
Ratio emploi-population, personnes âgées de 15 ans et plus, hommes (%)
60
Chômage, total (% de la population)
13
Croissance de la population (% annuel)
0.966848702
Population, femmes (% du total)
50.39589691
Population rurale
3607186.14
Population urbaine
7170313.86